Aller au contenu
Communauté Catholique Francophone de Hong Kong

4 juillet 2026 · Père Rémy Kurowski

4 juillet 2026 — Joug et fardeau

  1. Joug et fardeau, deux objets,

un physique, l’autre psychosomatique.

Les deux pèsent,

les deux peuvent devenir source

d’epuisiement et cause d’esclavage.

Le joug est imposé pour faire attelage ensemble.

Le fardeau est imposé par les soucis de la vie quotidienne et au-delà.

Mon joug est facile et mon fardeau léger, dit Jésus,

si c’est vrai, comment le joug permet d’alléger le fardeau?

En mettant sur lui le poids de notre fardeau,

car, lui, il peut facilement le porter.

  1. Le joug suppose une complicité

dans la marche d’un même pas.

Le fardeau de la vie peut être ajouté par le poids du joug.

Il le peut, si le joug n’est pas bien ajusté,

ainsi il devient gênant et on cherchera à s’en débarrasser.

Les croyants qui grossissent les rangs des déçus

sont mal portants comme croyants.

Ils trouvent qu’une fois l’attelage dépareillé,

ils se sentent plus légers.

La vie du couple obéit à la même mécanique.

Une fois séparé, souvent de guerre lasse, on se dit,

qu’au moins comme ça, la vie devient plus légère.

  1. Mais le fardeau reste.

Il est désormais porté tout seul.

Plus d’excuses pour se défausser sur l’autre,

sur Dieu tant qu’à faire.

Il faut prendre ses propres responsabilités,

souvent avec le sentiment de s’accomplir.

Il faut construire sa vie sans Dieu,

ou alors en présence d’un Dieu fabriqué

à notre image et notre ressemblance.

Et pour le fardeau, on fait ce que l’on peut.

On s’en accommode, on le cache, ou

on le partage avec ses semblables.

Mais pas avec le Christ qui est désormais désacralisé et

éventuellement devient une référence culturelle.

  1. Mais le fardeau reste.

Sans savoir comment tuer en soi bien d’agissements

de l’homme désabusé et pécheur,

agissements qui peuvent prendre des formes bien diverses.

Il n’est plus question de se référer aux notions religieuses

pour décrire ce que l’on est et quel mal nous ronge.

Il reste une résignation couverte par l’activisme expansionniste

dans les domaines de la réalisation de soi.

Il reste aussi une douce conviction que l’humanisme qui nous caractérise

peut faire de nous des hommes et des femmes libres,

paisibles, fiers d’eux-mêmes, et bien intentionnés à l’égard des autres,

dans la mesure où cela correspond avec nos idées.

Plus question de référence au Décalogue,

aux commandements d’amour qui transcendent notre humanité

pour lui donner une orientation tournée vers la source.

  1. Attelage et fardeau,

ni l’un ni l’autre ne sont imaginaires.

Ils nous connectent avec nous-même par le Christ interposé,

et ainsi nous ouvre à la dimension universelle de son amour.

De cet amour, nous apprenons

comment mettre tout cela en pratique.

L’attelage et le fardeau sont aussi réels que

le désir de vivre une vie bonne peut l’être.

Nous apprenons aussi que

l’Esprit agissant dans l’attelage

peut être réel, lui aussi. Amen.