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Homélie du 7-8 novembre 2020

La sagesse du discernement.

Nous sommes de plus en plus près de la fin de l’année liturgique. Il est temps de faire le bilan en cherchant à obtenir le quitus, cette bonne appréciation. L’Eglise nous rappelle le retour glorieux du Christ. Une donnée de la foi chrétienne bien en mal chez nous les catholiques. Nous pensons que s’occuper d’une chose pareille, c’est réservé à quelques groupes protestants charismatique en mal d’excitation spirituelle.  Regardons de plus près. 

La Bible commence et se termine par la description d’un même événement, celui de la noce. Adam épouse Eve et deux semblent très heureux ensemble. L’Époux de l’Apocalypse c’est le Christ,  l’Agneau véritable. Il ne cesse d’appeler son épouse l’Eglise pour les noces éternelles. Le livre de la Sagesse est un recueil de poèmes chantés durant les fêtes de noces. C’est une allégorie de l’amour entre Dieu et Israël, entre le Christ et l’Eglise, et entre le Christ et chaque chrétien. 

Il y a trois étapes qui marquent la vie de l’attente: les préparatifs, le retard et l’arrivée. Les préparatifs sur le plan historique sont liés à la tradition du mariage en Palestine. Un an après l’engagement officiel (nos fiançailles) l’époux vient dans la maison de l’épouse pour la prendre chez lui. Mais son arrivée peut prendre du retard à cause de tant de détails à régler au dernier moment. Et quand il arrive tout le monde n’est pas prêt. Cela pose deux questions: à quand le retour glorieux du Christ? Et que veut dire être prêt?

Les premiers chrétiens pensaient que le retour du Christ serait imminent. Ceux de Thessalonique l’attendaient de pied ferme. Mais troublés par la mort de certains d’entre eux, ils ne savaient plus quoi en penser. Paul les rassure. Il donne même une explication générale:le retour du Christ ne se fera pas tant que les païens  et Israël ne seront convertis (Rm 11,25-26). Donc on a un peu de marge dans le temps. Pas nécessaire de s’affoler ou de se laisser enivrer par les signes mal interprétés. Cela nous invite à la sagesse du discernement, mais comme toute sagesse, celle-ci aussi ne s’acquiert que par une libre adhésion intérieure. 

Alors que veut dire prêt tout de même? Nous en avons besoin, car  sa venue sera toujours une surprise du point de vue de notre vie individuelle.  En grec le mot huile et le mot miséricorde ont la même racine. C’est de l’huile que le bon samaritain a mis sur les plaies de l’homme blessé. Les cinq  non prévoyantes en ont manqué. N’en manquons pas, nous non plus. Il est venu le temps de suivre  la Sagesse qui nous permet de marcher sur les huit sentiers des Béatitudes, ce décalogue chrétien.

Ce n’est pas seulement le temps liturgique qui nous y invite, mais aussi les circonstances  du temps présent. Ne perdons pas de vue qu’aimer comme le Christ conduit à la vie. Les noces de l’Agneau sont là, pas dans les fêtes de la mort, car tout ce qui est  morbide est mortel. L’époux appelle sans cesse son épouse. Me voici, Viens Seigneur Jésus! Amen.