Le mot du sacristain – Mais où faut-il regarder lors de l’élévation eucharistique?

Par trois fois le prêtre élève le pain et le vin. D’abord quand il reçoit la coupe de pain et celle de vin, il les tient “un peu élevés au-dessus de l’autel”.
Au moment de la consécration, son geste reste de faible ampleur, car il “montre aux fidèles” le pain et le vin consacrés.
Ce n’est qu’au moment de la doxologie que le geste est celui de l’offrande : il élève franchement les coupes en disant “par lui, avec lui…, à toi Dieu le Père tout puissant, tout honneur…”. Pourtant cette dernière élévation est appelée la “petite élévation”.

Avant le XIIIe siècle, la question ne se posait pas de savoir où regarder lors de l’élévation. Jusqu’à ce que cette pratique s’étende à l’Église universelle, les fidèles ne voyaient le Corps du Christ que lors de la communion puisque le prêtre était tourné vers l’Orient.
Mais la dévotion eucharistique se propageant rapidement, les évêques ont permis et même encouragé l’élévation de l’hostie d’abord, puis du calice, Corps et Sang de Jésus réellement présent, pour permettre l’adoration des fidèles.
L’actuel missel donne même la raison à l’élévation : “Le prêtre montre au peuple l’hostie consacrée”.
Les gestes des fidèles doivent donc convenir à cet objectif d’adoration. Dans l’histoire, il a souvent été indiqué que la présence de Jésus devait être honorée par une profonde révérence tout en restant à genoux, sans regarder l’hostie pourtant présentée.
Depuis saint Pie X, le culte eucharistique a été renouvelé. Notamment au travers de l’adoration, maintenant très répandue. Il avait ainsi accordé une indulgence à ceux qui, lors de la messe ou d’une adoration, regardaient avec foi, piété et amour le Saint-Sacrement.

Au moment de la consécration, il paraît donc bon, de regarder le Corps et le Sang du Christ en ayant une exclamation (mentale) de foi ou d’action de grâce, ou un silence empreint de dévotion, avant d’incliner la tête ou le buste au moment où le prêtre fait une génuflexion.
Une façon de se laisser regarder et aimer par le Sauveur, d’admirer son corps ressuscité qui nous ouvre à la vie éternelle.

Le saviez-vous?
Le calice est la coupe allongée, ornée des fines décorations contenant le vin devenant le sang du Christ.
Le ciboire est une coupe arrondie, plus sobre, qui va contenir les hosties à consacrer.
La pale est une sorte de petite assiette en métal doré contenant la grande hostie tenue par le célébrant lors de la consécration.